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GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
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PAVE - ONE BATI 2026
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BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026
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BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026
, mis à jour le 20/02/2026 à 12h21

« L'électrification doit s'accompagner de sécurité et de pilotage »

Anne-Sophie Perrissin-Fabert
déléguée générale d'Ignes
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Portrait Anne-Sophie Perrissin-Fabert, directrice générale IGNES électricité

À l’heure où l’électrification des usages s’accélère dans le bâtiment, Anne-Sophie Perrissin-Fabert, déléguée générale d’Ignes, détaille les priorités de la filière : sécurisation des installations, développement du pilotage énergétique et montée en compétences des professionnels. Autoconsommation photovoltaïque, interopérabilité des équipements, cybersécurité ou encore adaptation du logement au vieillissement composent aussi la feuille de route de l'organisation.

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MEGA BAN - ONE BATI 2026
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MEGA BAN - ONE BATI 2026
Quelle est la feuille de route d'Ignes pour 2026 ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

L'électrification des usages reste un axe structurant. Nous travaillons à la fois sur les infrastructures électriques et sur les nouveaux usages liés au développement du photovoltaïque, du stockage et de la mobilité électrique. De nouveaux sujets apparaissent, notamment autour de la réinjection d'énergie et de l'îlotage. Aujourd'hui, par exemple, le fait d'avoir des panneaux photovoltaïques ne garantit pas de disposer d'électricité en cas de coupure réseau. Cela suppose des architectures techniques spécifiques. Nous avons d'abord travaillé sur la prise de conscience de ces enjeux. Désormais, l'objectif est d'apporter des solutions techniques et de renforcer la pédagogie.

Vous préparez notamment un guide sur l'autoconsommation photovoltaïque...
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Avec la fin progressive des contrats historiques de revente totale, beaucoup d'installations devront évoluer vers l'autoconsommation. Nous préparons donc un guide pédagogique destiné en priorité aux particuliers, pour expliquer comment basculer vers ce modèle en toute sécurité électrique et en optimisant la gestion de l'énergie. Indirectement, cela apporte aussi des éléments utiles aux installateurs, car la compréhension des attentes du client devient un enjeu central.

En quoi la montée de l'électrification pose-t-elle un problème de sécurité ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

C'est clairement un sujet majeur. Avec l'arrivée des pompes à chaleur, des batteries et des bornes de recharge, certaines installations existantes ne sont plus adaptées. Il arrive par exemple que des équipements disjonctent simplement parce que l'installation électrique initiale n'était pas dimensionnée pour ces nouveaux usages. Nous travaillons donc sur plusieurs axes : l'évolution du diagnostic électrique obligatoire pour intégrer les sources de production ; la modernisation des outils de suivi des installations ; et la sensibilisation aux enjeux de mise en sécurité. Un travail inédit a été engagé avec la filière, notamment avec Consuel.

« Le pilotage énergétique permet des gains rapides et souvent peu coûteux, mais reste encore insuffisamment valorisé. »

Le pilotage énergétique devient-il un pilier de la rénovation ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Nous défendons effectivement un triptyque simple : isoler, électrifier, piloter. L'isolation est aujourd'hui bien intégrée dans les politiques publiques. L'électrification progresse. En revanche, le pilotage reste encore insuffisamment valorisé, alors qu'il permet des gains rapides et souvent peu coûteux. L'enjeu est double : réduire les consommations, mais aussi accompagner la flexibilité du système électrique avec l'intégration des énergies renouvelables. Nous souhaitons notamment mieux intégrer ces solutions dans les outils de rénovation et renforcer la pédagogie auprès du grand public.

Le décret thermostat a parfois été mal compris. Travaillez-vous sur ce sujet ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Oui, car beaucoup d'idées reçues circulent. La réglementation ne demande pas systématiquement des solutions complexes ou très coûteuses. Pourtant, le débat s'est rapidement focalisé sur les thermostats connectés. Nous allons poursuivre les actions pédagogiques pour expliquer ce que demande réellement la réglementation et présenter les différentes solutions disponibles. Plus largement, nous travaillons à faire comprendre ce qu'est un gestionnaire d'énergie dans le logement et quel est son rôle.

L'interopérabilité des équipements est aussi un enjeu...
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Oui, car dès que l'on parle de pilotage global, la question de la communication entre équipements se pose. Les solutions existent, notamment avec des standards émergents comme ceux portés par la Connectivity Standards Alliance, mais elles restent encore mal connues. Nous allons donc renforcer la pédagogie sur ces sujets afin de clarifier les architectures possibles.

Vous suivez également les enjeux liés au confort d'été ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Nous allons actualiser notre étude sur l'indicateur confort d'été du DPE, à partir des données open data de l'Ademe. Notre première analyse avait montré des anomalies importantes dans les calculs, notamment liées aux logiciels utilisés. Au-delà de l'aspect technique, cela révèle un problème plus large : le confort d'été reste encore insuffisamment intégré dans les projets de rénovation performante.

Le maintien à domicile fait aussi partie de vos travaux ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Absolument ! Notamment via les solutions électriques et numériques. Nous préparons un guide avec la filière France Silver Eco pour montrer que l'adaptation du logement ne se limite pas aux équipements sanitaires. Le pilotage du chauffage, l'éclairage automatisé ou les capteurs de température peuvent contribuer directement à l'autonomie et à la sécurité des occupants.

« La compréhension des attentes du client devient un enjeu central pour les installateurs. »

La fermeture des réseaux 2G et 3G inquiète une partie de la filière. Pourquoi ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Parce que de nombreux équipements du bâtiment fonctionnent encore sur ces technologies : téléalarmes d'ascenseurs, systèmes de sécurité ou dispositifs de téléassistance. Le calendrier annoncé par les opérateurs est très rapide au regard du cycle de vie des équipements, souvent compris entre dix et quinze ans. Nous travaillons donc avec les pouvoirs publics pour sécuriser ces transitions et éviter toute discontinuité de service.

Les enjeux de souveraineté industrielle deviennent-ils incontournables ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Avec la montée des équipements connectés, le pilotage énergétique repose de plus en plus sur des systèmes numériques. Cela pose des questions de cybersécurité, mais aussi de maîtrise industrielle. Nous tâchons d'embarquer dans nos travaux la notion de "Made with Europe", afin de sécuriser les chaînes de valeur tout en maintenant la compétitivité des industriels.

Reste la montée en compétences des installateurs...
Anne-Sophie Perrissin-Fabert

Il s'agit d'un enjeu clé. Nous travaillons étroitement avec l'ensemble de la filière, notamment la FFIE, la Capeb, Coedis et Promotelec sur le sujet. L'objectif est de produire des outils pédagogiques communs pour accompagner la transformation des métiers. L'électrification va s'accélérer fortement dans les années à venir. Pour réussir cette transition, il faut impérativement intégrer trois dimensions dès le départ : la sécurité électrique, le pilotage des usages et l'évolutivité des installations. C'est à cette condition que la performance énergétique pourra être durable.

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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