Électricité : les Français réduisent leurs usages, mais l’autoproduction reste méconnue

, mis à jour le 18/08/2026 à 10h08
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Face à la crainte de nouvelles hausses des prix de l’électricité, les ménages français adaptent leurs comportements : baisse du chauffage, limitation de la climatisation, report des consommations en heures creuses… Pourtant, selon un sondage, les solutions permettant de produire et de mieux valoriser sa propre électricité restent encore mal identifiées. Un décalage qui pourrait constituer un levier de développement pour les acteurs du photovoltaïque et du stockage résidentiel.

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La hausse du coût de l’électricité ne relève plus seulement d'une inquiétude pour les années à venir. Elle a déjà modifié les comportements. Selon le sondage OpinionWay pour Anker SOLIX réalisé en juin 2026*, 72 % des Français déclarent avoir changé leurs habitudes de consommation énergétique au cours des deux dernières années.

Premier réflexe : consommer moins. Près de six Français sur dix (59 %) disent ainsi avoir réduit certains usages, notamment en baissant le chauffage ou en limitant le recours à la climatisation. Un tiers des personnes interrogées (33 %) décalent par ailleurs leurs consommations les plus énergivores vers la nuit afin de bénéficier des tarifs en heures creuses.

Ces arbitrages sont encore plus marqués dans les ménages aux revenus les plus modestes : 77 % des foyers gagnant moins de 2 000 euros par mois déclarent avoir adapté leurs habitudes.

L'inquiétude reste en tout cas largement partagée. Près des trois quarts des Français (74 %) se disent préoccupés par de futures hausses des prix de l'électricité. Et 71 % déclarent ne plus faire confiance aux politiques énergétiques pour garantir une stabilité tarifaire sur le long terme.

Les principaux chiffres du sondage

  • 74 % des Français se disent préoccupés par une future hausse des prix de l'électricité ;
  • 72 % déclarent avoir modifié leurs habitudes de consommation au cours des deux dernières années ;
  • 59 % disent avoir réduit leurs usages, notamment en matière de chauffage ou de climatisation ;
  • 33 % décalent certains usages énergivores vers les heures creuses ;
  • 71 % ne font plus confiance aux politiques énergétiques pour assurer une stabilité des prix à long terme ;
  • 82 % citent au moins une motivation à investir dans une solution d'autoproduction ;
  • 7 % seulement citent spontanément la batterie de stockage parmi les solutions envisagées ;
  • 58 % demanderaient à un voisin produisant son électricité comment il procède.

 

* Étude réalisée par OpinionWay pour Anker SOLIX auprès de 1 003 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne du 12 au 16 juin 2026. Méthode des quotas. Marge d'incertitude comprise entre 1,4 et 3,1 points pour un échantillon de 1 000 répondants.

Un intérêt pour l'autoproduction

Le paradoxe mis en avant par l'étude est là : les motivations pour agir existent, mais elles ne se traduisent pas toujours par une bonne connaissance des solutions disponibles.

Au total, 82 % des personnes interrogées citent au moins une raison qui pourrait les pousser à investir dans une solution d'autoproduction d'électricité à domicile. La réduction de la facture sur le long terme arrive en tête des motivations, devant la recherche d'une plus grande indépendance énergétique et la volonté de mieux se protéger contre les variations de prix.

Pour autant, lorsque les Français sont interrogés sur les équipements qu'ils envisagent concrètement, certaines technologies restent peu présentes dans leurs réponses. C'est notamment le cas du stockage résidentiel par batterie, cité par seulement 7 % des répondants.

Ces équipements peuvent notamment permettre de conserver une partie de l'électricité photovoltaïque produite pendant la journée afin de la consommer plus tard, lorsque les besoins du foyer augmentent. Selon les configurations et les usages, une batterie peut également être utilisée pour stocker de l'électricité achetée sur le réseau pendant certaines périodes tarifaires afin de la restituer ultérieurement.

Pour Anker SOLIX, commanditaire de l'étude et l'un des plus grands fabricants mondiaux de systèmes de stockage plug-and-play pour balcon, cet écart entre intérêt pour l'autoproduction et faible connaissance des technologies disponibles constitue l'un des principaux enseignements du sondage.

« Le marché de l'autoproduction en France n'est pas un marché de convaincus à reconvaincre. C'est un marché de curieux qui attendent d'être informés », estime Kelvin Cao, P-dg Europe d'Anker SOLIX.

Manque d'informations

Le coût des équipements et l'adaptation du logement ne constituent pas les seuls obstacles. Le manque d'informations sur les produits et solutions disponibles est cité par 20 % des Français comme un frein à l'adoption d'une solution d'autoproduction.

Cette proportion grimpe à 31 % chez les 18-24 ans. Un résultat d'autant plus notable que cette tranche d'âge apparaît particulièrement réceptive aux solutions permettant de réduire la facture énergétique : 90 % des jeunes interrogés envisagent au moins une mesure en ce sens. Et 17 % se disent susceptibles d'installer des panneaux solaires sur leur balcon, soit environ deux fois plus que la moyenne de l'échantillon.

Autre indicateur de ce potentiel : 58 % des Français déclarent qu'ils demanderaient à un voisin produisant lui-même son électricité comment il s'y prend. Même parmi les personnes qui ne se disent pas encore prêtes à investir, 44 % indiquent qu'elles chercheraient à en savoir davantage.

Pour les professionnels du photovoltaïque, du stockage et de l'accompagnement énergétique, l'enjeu pourrait donc être autant pédagogique que commercial. La démocratisation de l'autoproduction ne dépend pas uniquement du coût des équipements, mais aussi de la capacité à expliquer simplement les différentes solutions, leurs conditions d'installation et leurs bénéfices réels selon le profil du logement et les habitudes de consommation.

L'exemple allemand

Pour illustrer le potentiel de ces équipements, Anker SOLIX s'appuie également sur des données recueillies en Allemagne, où le solaire « de balcon » et les solutions de stockage associées se sont développés plus rapidement.

Dans un livre blanc publié en mars 2026, l'entreprise indique avoir analysé une année de données opérationnelles provenant de 230 000 foyers. Selon cette étude, les économies annuelles moyennes observées se situeraient entre 270 et 360 euros par ménage, avec un taux d'autoconsommation pouvant atteindre 83 %.

Anker SOLIX précise que ces données couvrent aussi bien des appartements occupés par des locataires que des maisons occupées par leurs propriétaires. Parmi les foyers ayant activé des fonctions de gestion intelligente de la charge, l'entreprise fait également état d'économies supplémentaires moyennes de 270 euros sur six mois.

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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