La FFB entrevoit l'amorce d'une reprise

, mis à jour le 17/03/2026 à 15h28
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FFB président olivier Salleron

Pour sa dernière conférence de presse conjoncture, Olivier Salleron, président de la FFB qui terminera bientôt son 2e mandat, a affiché une certaine satisfaction à voir (quelques) chiffres repasser enfin dans le vert.

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Le président de la Fédération française du bâtiment peut être un peu soulagé : la fin de son mandat sera marquée par des signes d’une timide reprise. En préambule, Olivier Salleron, déclare : « Les prévisions pour 2026 ont été révisées, puisque la PLF 2026 a été votée et qu’elle comporte de nouvelles dispositions. Des mesures qui sont favorables à notre secteur comme la prolongation du PTZ, la création du statut de bailleur privé dit ‘dispositif Jeanbrun’, la réduction de la ponction des bailleurs sociaux de 400 M€ ou les enveloppes MaPrimeRénov’ et MaPrimeAdapt’ qui sont préservées ». Le secteur de la construction neuve semble donc prêt à repartir (+11 %) avec 403 000 demandes de permis et 308 000 mises en chantier espérées en 2026.

Du côté de l’amélioration-entretien toutefois, les résultats ne sont pas à la hauteur (-0,5 %). Olivier Salleron critique : « Cela ne fonctionne pas trop, malgré de grandes paroles autour de l’écologie. C’est très décevant, surtout pour la rénovation énergétique ». Pour la promotion immobilière également, le rebond n’est pas encore là : elle se situe à -6,9 % sur 12 mois et « souffre toujours ». Le président de la FFB qui a beaucoup demandé et obtenu la création du statut de bailleur privé espère que la mesure fournira ses premiers effets dans les mois qui viennent.

De l'optimisme... mais pas débordant

Dans le non résidentiel, la reprise est également fragile. Le président fédéral estime qu’il y a peut-être « un attentisme lié aux élections municipales ». Les surfaces autorisées sont encore en baisse (-15 %) mais les surfaces commencées sont en hausse (+8,3 %). Si les bâtiments industriels et les espaces tertiaires sont en chute, d’autres catégories de constructions neuves compensent ce phénomène, dont les espaces commerciaux et les bâtiments hôteliers qui sont en forte demande.

Le président de la FFB note que les carnets de commandes « restent dans des moyennes acceptables », avec entre 8 et 9 mois d’activité déjà prévue pour les PME (10 salariés et plus) et 5 à 6 mois pour les plus petites entreprises (TPE). Ce qui ne suffit pas pour rattraper le décrochage continu des effectifs salariés : les embauches qui avaient eu lieu en 2021-2022 et le redémarrage de l’économie post-Covid ont été perdus. Et le secteur pourrait encore supprimer 10 000 postes en 2026. En revanche, bonne nouvelle : les défaillances sont en recul (-2,7 %), avec un arrêt de l’hémorragie dans les secteurs qui avaient été fortement impactés comme le gros œuvre (-8 %) et surtout la construction de maisons individuelles (-14 %).

Autre source de satisfaction, les évolutions promises sur la REP PMCB. Olivier Salleron y voit « une véritable simplification », avant d’égrener toutes les avancées obtenues par la filière construction : renforcement du maillage des points de collecte, arrêt des financements pour les matériaux matures (inertes, bois, métaux et maintenant plâtre), recentrage autour des non matures (laines de verre, plastiques, menuiseries, membranes bitumineuses), visibilité sur 9 mois des barèmes, création d’un fonds de lutte contre les dépôts sauvages de déchets du bâtiment, maintien du soutien au réemploi et enfin, révision de la gouvernance.

De quoi être totalement optimiste pour la suite ? Pas complètement, puisque la nouvelle guerre dans le golfe persique risque de faire flamber les prix de certains matériaux, dont l’aluminium, le cuivre (qui s’est déjà envolé de +40 % depuis août 2025) ou encore le bitume. « L’impact est sensible chez les étancheurs, mais le problème de prix reste localisé », assure la FFB.

Au moment de conclure, Olivier Salleron qui cédera donc bientôt la présidence de la fédération, estime avoir accompli du travail, satisfait de voir adopter certaines propositions qu’il a avancées. « Une fin plutôt positive, après 6 ans de mandat dans des conditions difficiles », raconte celui qui est arrivé en plein Covid et a subi plusieurs crises successives dont celle sur les cours de l’acier, l’effondrement de la construction neuve ou les atermoiements autour des dispositifs d’aide à la rénovation. Il recommande à son successeur de ne rien lâcher et de faire preuve d’une énergie renouvelée.

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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