Wienerberger-Terreal : un avenir commun en grand

Grégoire Noble
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Wienerberger Terreal Frédéric Didier Jean-Baptiste Fayet

Wienerberger et Terreal ne font plus qu’un depuis le 1er mars 2024, avec pour ambition de former, ni plus ni moins, qu’un leader de l’enveloppe du bâtiment, des toitures aux façades, en passant par la production d’EnR et la gestion des eaux de pluie. Dans un marché français de la construction en berne, l’industriel espère un retour à la croissance pour 2025 et va poursuivre ses investissements pour décarboner son activité.

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Ils sont ensemble depuis quelques mois et affichent une entente parfaite. Wienerberger et Terreal se sont rapprochés en début d’année et dévoilent leurs plans pour l’avenir. Frédéric Didier, le directeur général de l’ensemble en France, raconte : « Les équipes sont réunies depuis un peu plus de 100 jours. Nous avons d’abord lancé un roadshow pour aller à la rencontre de nos clients et partenaires en région ». L’industriel y a précisé sa stratégie : « Proposer des solutions pour construire durablement des bâtiments sains pour leurs occupants. Et devenir ainsi le leader de l’enveloppe du bâti en France ». Wienerberger-Terreal ne part pas d’une feuille blanche : 25 sites de production dans l’Hexagone plus deux centres de R&D, soit 2 300 collaborateurs en tout, et des positions déjà favorables dans le secteur de la toiture (leader avec 40 % de parts de marché), de la façade (leader avec 50 % du marché des éléments en terre cuite), de la structure (n° 2 de la brique) et du photovoltaïque intégré (leader).

Côté marques, les professionnels ne seront pas déboussolés : Wienerberger conserve les marques Terreal et Aleonard pour les tuiles, Porotherm pour la structure, Terca et Argeton pour les façades, et GSV Intégration pour le photovoltaïque. Au sein du comité exécutif, la parité a été respectée entre les deux entités car le but affiché est de mettre sur pied « une équipe forte, au service des clients, avec une organisation en place à 95 % aujourd’hui ». Plus de 100 technico-commerciaux et chargés de prescription ont la charge de faire penser le toit autrement et de passer du seul rôle de protection et d’esthétique à une toiture multifonctionnelle. Le groupe entend passer de la vente de produits et de services, à celle de « solutions intégrées », avec des accessoires et produits complémentaires. Il s’appuiera sur une gamme la plus large possible, et sur des innovations.

Accélérer la transformation

Afin de continuer à répondre aux enjeux climatiques et environnementaux (notamment les futurs jalons de la RE2020), les deux sociétés vont poursuivre leur feuille de route de décarbonation, mise en place depuis plusieurs années. Wienerberger-Terreal rappelle avoir déjà diminué ses émissions de CO2 de -16 % (par rapport à 2020, année de référence) et vise les -25 % pour 2026, puis -40 % en 2030. Le tout sur une trajectoire de neutralité carbone pour 2050. L’enjeu est donc de « trouver des matières premières moins carbonées, d’intégrer de la biomasse et d’exploiter des énergies nouvelles ». Concrètement, de nombreuses pistes sont testées ou étudiés pour diminuer l’impact des étapes de cuisson et de séchage des produits en terre cuite : passage aux fours électriques (déjà testé en Belgique, Royaume-Uni et Autriche) qui seront alimentés par un courant 100 % renouvelable, utilisation de l’hydrogène, mise en place de PAC industrielles, de solaire thermique, de géothermie profonde et de systèmes de récupération de chaleur pour alimenter le pré-four ou le séchoir… Les idées ne manquent pas. Tout comme dans l’aspect économie circulaire où toute la filière des tuiles et briques s’interroge sur le réemploi/réutilisation des produits en terre cuite.

Interrogé sur la place du photovoltaïque dans le développement de l’offre, Wienerberger-Terreal déclare s’orienter vers le couplage avec du stockage électrique et le développement de services aux clients (outil de chiffrage, offre de connexion électrique en co-traitance). L’industriel voit dans l’autoconsommation une piste intéressante pour l’avenir et pousse pour que le solaire soit rendu obligatoire en construction neuve pour des toitures de maisons individuelles d’ici à la fin de la décennie. Une perspective toutefois encore lointaine et indécise, dans un marché français qui connaît des heures compliquées, tant dans la maison individuelle que dans le collectif. L’entité Wienerberger-Terral qui avait généré près de 700 M€ de chiffre d’affaires en 2023 s’attend à un atterrissage brutal, au retour de sa lune de miel : -25 à -30 % en 2024 ! Mais Frédéric Didier reste optimiste sur un rebond qui pourrait intervenir dans la 2e moitié de 2025. Time will tell.

Grégoire Noble
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