Construction bois : toutes les “briques” de SGDB France sont en place

Quentin Nataf
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Agence Dispano de Bayonne

Après avoir finalisé le rachat de Panofrance au début de l’automne 2021, le pôle Distribution de Saint-Gobain (SGDB France) confirme ses ambitions et la volonté de se renforcer sur le marché porteur des systèmes constructifs en bois. Sa stratégie s’appuie sur un réseau de points vente dits “experts”, une logistique nationale redimensionnée et désormais structurée, ainsi qu’une large palette de services.

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« Être au plus proche des territoires » sur « un marché aux perspectives importantes » ! En annonçant début mai l’ouverture d’un troisième site CIBM (Centre d’import du bois et des matériaux) en septembre prochain, SGDB France se mobilise pleinement pour accompagner les professionnels de l’ossature et de la construction bois. Au total, le distributeur disposera alors de plus de 35 000 m² de stockage couvert.

Après ses plateformes historiques situées à La Rochelle (Charente-Maritime) et à Heyrieux (Isère), CIBM (le pôle logistique de redistribution rattaché à DMBP) implantera cette nouvelle unité à Rouen (Seine-Maritime). Fin septembre dernier, en officialisant le rachat de Panofrance, DMBP (Distribution Matériaux Bois-Panneaux, filiale de SGDB France) rappelait déjà vouloir « densifier sa présence territoriale sur le marché en forte croissance des systèmes constructifs en bois ».

SGDB France va s’appuyer sur son maillage national de 20 agences expertes spécialisées en bois, panneaux et dérivés (Dispano-Panofrance), ainsi que sur les 50 agences expertes Point.P.

Réponses techniques

Au-delà d’une capacité de stockage renforcée, CIBM permet également à Dispano, Panofrance et aux sites experts de Point.P de disposer d’une offre en produits bois certifiés jugée « complète », « riche et adaptée », argumentait le groupe dans un récent communiqué. Son ambition ? Déployer « une stratégie de renforcement de l’assortiment » et du plan de stock à destination des clients charpentiers, mobistes (constructeurs de maisons à ossature bois), menuisiers et couvreurs, comme l’indiquait Nicolas Godet, le DG de Point.P à l’occasion du rachat du bordelais MBA en avril 2022 : un spécialiste bois et dérivés bénéficiant aussi d’une expertise sur le segment des terrasses bois.

Mais cette logique vise aussi à cibler les maçons, tout comme les entreprises générales du Bâtiment. Bois massif reconstitué, systèmes poteau-poutre, OSB, poutres contrecollées sapin-épicéa 100 % bois français PEFC… : la volonté de SGDB France est d’« apporter une solution produits complète à la construction bois » à ses clients professionnels. En outre, le réseau de 70 agences expertes bénéficient d’une offre périphérique comme les pare-pluie et pare-vapeur, les bardages et les terrasses, mais aussi des solutions d’isolants biosourcés de Point.P.

« Apporter une solution produits complète à la construction bois. »

Palette de services

Autres leviers pour les trois enseignes ? Primo, « une réponse études et dimensionnement » que SGDB France a structuré pour la construction bois à l’image de ce que le groupe avait déjà mis en œuvre pour les métiers du gros œuvre – avec des « logiciels adapté ». Si de nombreux points de vente sont déjà équipés d’ateliers de découpe pour les panneaux et/ou d’outils de découpe simple, les deux centres CIBM existants disposent chacun d’un centre d’usinage (découpe, usinage, pré-débit). L’unité de Rouen en sera également équipée.

« Ces trois ateliers seront connectés aux bureaux d’études », précise d’ailleurs SGDB France. Pour des chiffrages simples, l’outil de chiffrage et devisage Solu+ initialement développé pour Point.P doit s’enrichir de « plusieurs modules » dédiés à la construction bois d’ici à la fin de l’année.

1 m3 de bois utilisé dans une construction permet de déduire 1 tonne de CO2dans l’atmosphère.
(Source : UFR PhiTem)
Voir notre dossier paru dans Zepros Bâti #87, mai 2021, en pages 22-24

RE 2020, extensions-surélévations

Selon le sixième Observatoire national de la construction bois (juin 2021), le marché hexagonal – évalué à 1,93 Md€ HT en 2020 (+2 % vs 2018 malgré la crise sanitaire) –, « le bois n’est plus cantonné à la maison individuelle et gagne du terrain dans tous les segments de la construction » : 6,5 % de parts de marché pour les logements (6,3 % en 2018) ; 30,5 % pour les extensions (27,5 % en 2018) ; et 16,8 % en non résidentiel (16,3 % en 2018).

En 2020, les entreprises du Bâtiment se sont approvisionnées en bois construction à hauteur de 43 % (volume) auprès des scieurs français, la vente directe continue de jouer au coude à coude avec les réseaux de distribution : 31 % via les négoces et 11 % via les coopératives d’artisans. Alors qu’en diffus, le prix d’un bâtiment à ossature bois demeure encore plus élevé de l’ordre de +10 % à +20 % comparé au coût d’une construction conventionnelle, la RE 2020 ouvre quoi qu’il en soit un boulevard au bois-matériau malgré la hausse des coûts matières depuis bientôt deux ans liée à la conjoncture. Quentin Nataf, avec Stéphane Vigliandi
 

Quentin Nataf
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