Tout savoir sur l'isolant biosourcé

, mis à jour le 29/08/2025 à 14h24
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Isolant biosourcé

Matériaux naturels, recyclés ou renouvelables, les isolants biosourcés s’imposent comme une alternative durable aux isolants classiques.

Plus respectueux de la planète, plus sain pour les habitants, l’isolant biosourcé séduit de plus en plus les particuliers comme les professionnels. Chanvre, laine de bois, ouate de cellulose… Ces matériaux d’origine végétale ou recyclée s’imposent peu à peu dans les chantiers de rénovation énergétique. Mais que valent-ils face aux isolants classiques ? Sont-ils vraiment plus écologiques, plus performants, plus durables ? Et dans quels cas les privilégier ? On vous explique tout sur les isolants biosourcés.

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Qu'est-ce qu'un isolant biosourcé ?

Un isolant biosourcé est un matériau isolant composé majoritairement de matières premières d’origine végétale, animale ou recyclée. Cela inclut notamment le bois, le chanvre, la paille, la ouate de cellulose (issue du papier recyclé), ou encore la laine de mouton. Ces produits sont souvent issus de ressources renouvelables, locales, et leur fabrication nécessite généralement moins d’énergie grise que celle des isolants minéraux ou pétrochimiques (comme la laine de verre ou le polystyrène expansé).

Contrairement aux isolants synthétiques ou minéraux, les isolants biosourcés ont une composition plus naturelle et sont en général peu transformés. Ils contiennent peu voire pas de produits toxiques ou irritants, et s’inscrivent dans une démarche de construction durable et responsable.

Autre différence notable : ils participent activement à la régulation de l’humidité dans les bâtiments, grâce à leur capacité hygrorégulatrice. Cela contribue à améliorer la qualité de l’air intérieur et le confort thermique.

Quels sont les avantages environnementaux et sanitaires d’un isolant biosourcé ?

  • Réduction de l’empreinte carbone (matières renouvelables, cycles courts, production à faible impact)
  • Amélioration de la qualité de l’air intérieur, sans émanations nocives
  • Recyclabilité en fin de vie, pour une gestion responsable des déchets
  • Contribution à l’économie circulaire et au développement des filières locales

Sur le plan sanitaire, les isolants biosourcés sont non irritants à la pose, ne dégagent pas de composés organiques volatils (COV) et s’adaptent bien aux habitats où vivent des personnes sensibles (enfants, personnes allergiques, etc.).

Et côté performances ?

Les isolants biosourcés affichent des performances thermiques comparables aux isolants conventionnels, avec des valeurs de conductivité thermique (λ) généralement comprises entre 0,036 et 0,045 W/m.K. Leur forte inertie thermique est aussi un avantage en été, car ils ralentissent la pénétration de la chaleur.

Enfin, leurs qualités acoustiques sont souvent très bonnes, notamment pour les produits à base de fibres végétales (chanvre, bois), qui atténuent efficacement les bruits aériens.

Les principaux types d'isolants biosourcés

La ouate de cellulose

Fabriquée à partir de papier recyclé, la ouate de cellulose est l’un des isolants biosourcés les plus utilisés. Son processus de fabrication repose sur le broyage et le traitement des fibres avec des additifs (généralement à base de sel de bore ou de silicates) pour assurer la résistance au feu, aux moisissures et aux nuisibles.

La ouate de cellulose offre une excellente isolation thermique et acoustique, avec un bon déphasage thermique. Elle est particulièrement recommandée pour les combles perdus ou aménagés, en insufflation ou soufflage, mais peut aussi être utilisée en vrac ou en panneaux semi-rigides.

Avantages : matière première recyclée, bonne régulation hygrométrique, bon confort thermique en été.

Inconvénients : nécessite une mise en œuvre technique (soufflage ou insufflation), sensibilité à l’humidité si mal posée.

Le liège

Issu de l’écorce du chêne-liège, ce matériau 100 % naturel est un isolant durable, insensible à l’humidité et aux insectes. Il se présente sous forme de panneaux expansés, de rouleaux ou de granulés, utilisables aussi bien en isolation thermique qu’acoustique.

Le liège est reconnu pour sa résilience, sa longévité et sa résistance aux variations de température. Il convient à l’isolation des planchers, murs, toitures ou même sous chape.

Avantages : très bonne inertie thermique, imputrescible, stable dans le temps.

Inconvénients : coût élevé, impact carbone lié à l’importation si le liège n’est pas local.

Les isolants en fibres végétales

Parmi les matériaux les plus utilisés dans l’isolation biosourcée, on retrouve les fibres végétales comme le chanvre ou le lin.

La laine de chanvre est produite à partir de la tige du chanvre industriel. Cet isolant végétal combine bonne performance thermique, résistance à l’humidité et caractère renouvelable. Il est souvent mélangé à d'autres fibres (lin, coton) pour améliorer sa tenue.

La laine de lin, moins courante, présente des caractéristiques similaires à celles du chanvre : légèreté, facilité de pose, isolation thermique et acoustique correctes.

Disponibles sous forme de panneaux semi-rigides, ces isolants conviennent aux murs, rampants de toiture et cloisons intérieures.

Avantages : faciles à manipuler, faibles émissions de COV, confort d’été.

Inconvénients : performance légèrement inférieure à celle de la ouate ou du liège, prix variable selon les filières locales.

La laine animale

Principalement issue de la tonte de moutons, la laine animale est utilisée sous forme de rouleaux ou de panneaux isolants. Elle offre une bonne capacité d’absorption de l’humidité sans altérer ses propriétés isolantes.

Pour garantir sa durabilité, la laine est traitée contre les insectes et les moisissures, généralement avec des produits naturels comme le sel de bore.

Avantages : matériau renouvelable, confortable à poser, régulation hygrométrique naturelle.

Inconvénients : prix plus élevé, dépendance aux filières de transformation locales.

La paille

Disponible sous forme de bottes de paille compressées, la paille est un isolant performant, à condition d’être bien mise en œuvre. Elle offre un excellent pouvoir isolant et une empreinte carbone très faible, puisqu’elle est souvent produite localement.

La construction en paille peut s’envisager en remplissage de structure porteuse ou en isolation dans des caissons préfabriqués.

Avantages : ressource abondante, très bon bilan environnemental, prix attractif.

Inconvénients : besoin de techniques spécifiques (protection contre l’humidité, feu), usage encore marginal en rénovation classique.

Isolant biosourcé : mise en œuvre et conseils

Avant de poser un isolant biosourcé, assurez-vous que les surfaces soient saines, sèches et exemptes de moisissures. Certains isolants comme la ouate de cellulose nécessitent des dispositifs pare-vapeur ou des membranes frein-vapeur pour garantir leur efficacité dans le temps.

La pose d’un isolant biosourcé demande de prendre quelques précautions, à savoir :

  • Respecter les règles de mise en œuvre de chaque isolant.
  • Protéger les matériaux de l’humidité pendant et après la pose.
  • Assurer une étanchéité optimale à l’air et à l’humidité pour éviter les ponts thermiques ou la condensation.

Enfin, certains isolants nécessitent une mise en œuvre technique (insufflation, projection…). Pour garantir une pose conforme aux performances attendues et accéder aux aides financières, il est conseillé de faire appel à un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Les marques leaders en isolants biosourcés

Biofib’

Spécialiste français reconnu pour ses isolants en chanvre, lin et ouate de cellulose. Biofib’ propose des produits certifiés ACERMI, à faible impact environnemental.

Isocell

Marque autrichienne pionnière de l’insufflation de ouate de cellulose, Isocell se distingue par ses innovations en isolation écologique et ses solutions adaptées à différents types de bâtiments.

PAVATEX

Référence dans les isolants en fibres végétales (bois, chanvre), PAVATEX offre des panneaux rigides à haute performance thermique et une forte durabilité, adaptés aux constructions biosourcées.

Fibranatur

Entreprise française proposant une gamme complète d’isolants naturels (chanvre, lin, ouate, laine de mouton), réputés pour leur confort acoustique et leur capacité à réguler l’humidité intérieure.

Réglementation et certifications autour des isolants biosourcés

Des certifications pour garantir la performance

Les isolants biosourcés bénéficient de certifications techniques garantissant leurs performances et leur conformité aux normes en vigueur :

  • ACERMI (Association pour la certification des matériaux isolants) : certifie la conductivité thermique, l’épaisseur, la durabilité et les performances mécaniques.
  • Avis Techniques CSTB : délivrés par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, ils valident l’aptitude d’un produit à être utilisé dans la construction.
  • FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) : documents normalisés qui évaluent l’impact environnemental du produit sur l’ensemble de son cycle de vie.

Conformité avec les réglementations thermiques

Les isolants biosourcés répondent aux niveaux de performance exigés par la réglementation thermique.

  • RT 2012 : impose une performance énergétique globale pour les constructions neuves (kWh/m²/an).
  • RE 2020 : va plus loin, en intégrant les émissions carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. Les matériaux biosourcés, par leur faible impact environnemental, sont particulièrement valorisés dans ce cadre.

Des aides financières mobilisables

L’utilisation d’isolants biosourcés peut ouvrir droit à plusieurs dispositifs de soutien, sous conditions :

  • MaPrimeRénov’ : accessible aux particuliers pour des travaux d’isolation thermique, sous réserve d’un isolant certifié et posé par un professionnel RGE.
  • Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : primes versées par les fournisseurs d’énergie pour inciter à des travaux efficaces sur le plan énergétique.
  • TVA réduite à 5,5 %, éco-prêt à taux zéro, et aides locales selon les régions complètent parfois le financement.

Bon à savoir : pour être éligibles, les matériaux utilisés doivent figurer sur les listes officielles ou disposer d’un ACERMI ou d’un Avis Technique en cours de validité.

Isolants biosourcés : ce qu’il faut retenir

Les isolants biosourcés s’imposent comme une alternative durable et performante aux isolants traditionnels. Fabriqués à partir de matières premières renouvelables, ils offrent de bonnes performances thermiques et acoustiques, tout en réduisant l’empreinte carbone des bâtiments. Ouate de cellulose, chanvre, liège ou encore laine de mouton : chaque matériau présente ses spécificités et s’adapte à différents types de chantiers.

Face aux enjeux climatiques et aux nouvelles réglementations, l’isolation écologique séduit de plus en plus de particuliers et de professionnels. Porté par l’innovation, le marché des isolants biosourcés continue de se développer, avec des produits certifiés, des aides financières disponibles et une reconnaissance croissante des acteurs du bâtiment.

Une solution d’avenir pour conjuguer confort, efficacité énergétique et respect de l’environnement.

FAQ - Questions fréquentes sur les isolants biosourcés

Quel est le meilleur isolant naturel ?

Il n’existe pas un isolant biosourcé « meilleur » en toutes circonstances, mais plusieurs solutions adaptées selon les besoins.

  • Pour une isolation thermique performante dans les combles : la ouate de cellulose est très prisée.
  • Pour les murs ou les planchers : le liège est apprécié pour sa durabilité et sa résistance à l’humidité.
  • Pour une pose facile et un bon confort thermique l’été : les laines végétales (chanvre, lin) sont de bonnes options.

Le choix dépendra de la configuration du bâtiment, du budget, et de vos priorités (écologie, confort, facilité de pose…).

Quels sont les produits phares de l'isolation biosourcée ?

Parmi les isolants naturels les plus couramment utilisés, on retrouve :

  • La ouate de cellulose (soufflée ou en panneaux)
  • Le liège expansé
  • La laine de chanvre
  • La laine de lin
  • La laine de mouton

Ces matériaux sont disponibles dans de nombreux points de vente spécialisés et offrent chacun des avantages selon le type de chantier (neuf ou rénovation, intérieur ou extérieur).

L'isolation bio est-elle vraiment efficace ?

Oui. Les isolants biosourcés offrent des performances thermiques comparables à celles des isolants traditionnels (laine minérale, polystyrène), avec en prime :

  • Une meilleure régulation de l’humidité
  • Un meilleur confort en été grâce à leur inertie
  • Une réduction des émissions de COV

Ils sont également intéressants pour l’isolation acoustique et conviennent à de nombreux types de parois (murs, toitures, cloisons…).

Quel budget prévoir pour des isolants écologiques ?

Les prix varient selon le matériau et le conditionnement. À titre indicatif :

  • Ouate de cellulose : 15 à 25 €/m²
  • Chanvre ou lin : 20 à 35 €/m²
  • Liège expansé : 30 à 50 €/m²
  • Laine de mouton : 25 à 40 €/m²

Bon à savoir : ces matériaux peuvent offrir un meilleur retour sur investissement sur le long terme, en améliorant le confort et en réduisant les besoins en chauffage/climatisation.

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